Parmi les vérifications périodiques prouvant la conformité de vos panneaux photovoltaïques, le contrôle de thermographie infrarouge évalue la qualité de votre installation. En cas de non-conformité et d’échauffements anormaux, vous risquez non seulement des coupures, mais aussi des départs d’incendie. Et cela, alors que, par votre statut de chef d’établissement, votre responsabilité administrative et pénale est engagée. La législation impose, dans tous les cas, un contrôle régulier des installations électriques.

Qu’est-ce que le contrôle thermographique des panneaux solaires ?

Au-dessus et sous les panneaux solaires, la thermographie détermine la qualité thermique des cellules solaires par le calcul et la représentation graphique des zones de chaleur et des zones froides. Sur les panneaux photovoltaïques, la thermographie infrarouge vise à :

  • Détecter les zones de chaleur anormales directement sur des cellules haute tension défectueuses, qui sont les signes avant-coureurs d’un court-circuit, d’une panne de l’installation photovoltaïque, voire d’un incendie. Une cellule photovoltaïque anormalement chaude ne produit plus d’électricité et peut entraîner une surchauffe de toute l’installation.
  • Déceler un mauvais raccordement, notamment au poste de livraison.


À noter :
l’utilisation d’une caméra thermique a pour avantage de détecter et localiser toutes les anomalies en une seule fois.

Les actions correctives

En cas de détection de cellules anormales et de zones trop chaudes, vous devrez effectuer des actions correctives. L’entreprise de contrôle vous les conseillera et les mettra en place.

Pour cela, la première phase de l’analyse situera les points chauds. La deuxième phase déterminera le degré de dangerosité, de sorte à prioriser les actions à mener.

Quelle législation encadre le contrôle thermographique des panneaux photovoltaïques ?

Pour éviter les non-conformités qui pourraient conduire à un incendie ou à une explosion de votre centrale photovoltaïque, les assurances demandent des garanties de sécurité.

Le compte-rendu et le certificat Q19

L’entreprise réalisant le contrôle doit vous transmettre, dans un délai de 15 jours maximum, le rapport complet de l’analyse de thermographie. Celui-ci est en outre accompagné du certificat Q19 que vous devrez remettre à votre assureur.

Le certificat Q19 se base sur un référentiel ASPAD D19 (Assemblée Plénière de Sociétés d’Assurances Dommages). Il a ainsi pour objectif de contrôler les installations électriques, telles que les centrales photovoltaïques, afin de prévenir les incendies. Par ailleurs, ce document garantit que toutes les parties prenantes ont eu connaissance des informations :

  • L’entreprise de contrôle thermographique / entreprise extérieure (EE).
  • L’entreprise utilisatrice (EU) via le chef d’établissement.
  • L’assurance.

Périodicité du contrôle thermographique

La réglementation indique que, par défaut, le contrôle de l’installation photovoltaïque doit intervenir annuellement pour les installations qui reçoivent du public ou du personnel. Cependant, votre contrat d’assurance peut préciser une périodicité différente à laquelle vous devez impérativement vous soumettre.

Les bonnes pratiques avec l’entreprise de contrôle intervenante

  • En tant que chef d’établissement de l’entreprise utilisatrice, vous devrez en amont lister et transmettre à l’entreprise de contrôle tous les équipements et matériels de votre installation photovoltaïque.
  • Vérifiez que l’intervenant détient les certificats de calibration/d’étalonnage de sa caméra thermique à jour et toutes les habilitations pour travailler sur des installations électriques. Pour la réalisation de son contrôle, il doit ainsi détenir un certificat d’aptitude « thermographie infrarouge » délivré par le CNPP (Centre National de Prévention et de Protection) basé sur le référentiel APSAD D19.
  • Transmettez-lui votre plan de prévention. En effet, même si votre installation compte moins de 400h et que le contrôle thermographique se fait généralement par drone* il est plus prudent de lui faire signer ce document. Vous prouvez ainsi la mise en place de mesures de sécurité.
  • Vérifiez systématiquement sur le Q19 que le contrôle a bien été réalisé sur l’ensemble de l’installation.
  • Pour les cellules HT, il est souvent nécessaire de réaliser une analyse ultrasonore en complément.
  • Consultez la météo pour que le contrôle soit réalisé avec suffisamment d’ensoleillement. Le matériel sera ainsi bien en charge pour permettre la détection des échauffements.

* Pour un contrôle thermographique par drone, il faut penser à vérifier auprès de l’assurance que cela est possible.

Dans le cas de non-conformités

  • Le Q19 reprend une liste récapitulative des anomalies constatées. Elle doit être suivie par le producteur/chef d’établissement jusqu’à la résolution des non-conformités.
  • Un nouveau contrôle et un nouveau Q19 sont nécessaires suite aux maintenances correctives afin de transmettre ce dernier à l’assureur.

Les sanctions en cas de non-conformité des contrôles périodiques

Les installations électriques, telles que les centrales photovoltaïques, dans le cadre d’un complément de revenus ou faisant l’objet d’un contrat d’achat, sont soumises à des contrôles inopinés. Ceux-ci évaluent les mesures de sécurité, la maintenance et l’état de l’installation.

En cas de non-conformité, en tant que chef d’établissement, votre responsabilité est engagée. Vous encourez donc des sanctions administratives et pénales prévues par le code de l’Énergie. Ce qui se traduit par une amende, la suspension ou l’arrêt définitif du contrat, voire l’interdiction pure et simple d’exploiter la centrale.

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